LES HOMMES CELEBRES DE CASTILLON

Pierre, vicomte de Castillon, vaillant croisé
Issu de la première branche des seigneurs de Castillon, Pierre, vicomte de Castillon s’illustra lors de la première croisade notamment lors du siège d’Antioche en 1099. Ses armes, château d’argent sur fond de gueule, figurent encore dans la grande salle des croisades du château de Versailles. Pierre de Castillon lors de la croisade eut pour cri de guerre « Dieu lo volt » et pour devise « Deo regibusque semper ut olim

Pons V de Castillon, favori de la couronne anglaise
Pons V de Castillon fut des meilleurs tenants du parti anglo-gascon durant la Guerre de Cent Ans. En 1393, en compagnie de Florimond, sire de Lesparre, il se rendit en Angleterre pour demander des renforts au roi Richard II dans leur lutte contre les Français. Fait gouverneur de Dax, en 1397, deux ans plus tard, en compagnie de ses alliés d’Albret et de Pardaillan, il emporta de haute lutte la ville de Tonneins tenue par les troupes françaises.  

Odet Deydie, grand amiral de France
Sous le règne de Louis XII, Odet Deydie de Lescun, Comte de Comminges, se trouva en possession de la vicomté de Castillon en Médoc qui devait demeurer dans sa Maison jusqu’à la fin du 16ème siècle. Ce chevalier toucha aux plus hautes fonctions du royaume, conseiller et chambellan du roi, grand sénéchal, puis grand amiral de France en 1482. Antoine Deydie, son descendant et dernier vicomte de la lignée épousa Jeanne de Montaigne en 1589.

Louis-Antoine de Pardaillan, duc d’Antin, ministre
Seul fils que la Montespan accoucha de son mari, Louis-Antoine de Pardaillan connut un destin exceptionnel. Menin du dauphin, il connut d’abord une brillante carrière militaire qui le porta au maréchalat en 1693 avant de devenir lieutenant général des armées en 1702. Son nom resta célèbre grâce à la chaussée parisienne qui porte encore son nom et qui fut construite sous son égide à l’époque où il officia, de 1708 à 1715, à la direction des bâtiments, jardins, arts et manufactures du roi.

Membre du conseil de régence durant la régence d’Orléans, en 1725, il fut un des deux ambassadeurs qui vinrent demander au nom du futur roi Louis XV la main de Marie Leszczynska auprès de Stanislas de Lorraine. Il termina au sommet sa carrière de courtisan en tant que ministre d’état de 1733 à 1736, année de son décès

HISTOIRE DE LA BONNE VILLE DE CASTILLON

Castillon, ville et port du chemin de Compostelle
A l’époque de la vogue du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, en amont de la Rivière se situait un port, aujourd’hui comblé. Principal abord des pèlerins venant de Saintonge ou bien directement des Iles Britanniques et du Nord de l’Europe, le port de Castillon débouchait sur un réseau de passes qui menaient directement à Soulac, vers Bordeaux, ou bien joignaient le chemin de la côte qui longeait les lacs médocains et landais jusqu’à Fontarabie. Il va sans dire que les vignes ceignaient alors les remparts de Castillon, des contrats de tenures du 14ème et du 15ème siècles en font foi. Les vins de son seigneur réconfortaient alors amplement les jacquets encore tremblants au sortir de leur périple marin.

Une place forte très convoitée
La tradition dit que les derniers combattants anglo-gascons embarquèrent à Castillon en Médoc après la défaite de Castillon sur Dordogne, en 1453. Castillon fut ainsi la dernière terre que « l’Anglois » occupa en France. Si durant la Guerre de Cent ans, la place de Castillon ne connut que peu de redoutables combats, il n’en fut pas autrement plus tard durant les guerres de religion et la Fronde. En 1569, Castillon résiste victorieusement à un assaut naval mené par 3000 huguenots. Partiellement démantelée en 1585, elle est cette fois emportée par surprise en 1593 puis délivrée par l’Amiral de Gourgues. En 1625, lors de la guerre de réduction de la république protestante de la Rochelle entreprise par Richelieu, la forteresse est prise par Soubise, puis délivrée par Toiras.
Enfin, son dernier souffle guerrier eut lieu lors de la Fronde de Bordeaux, prise par les Espagnols lors de leur descente de 1653, elle fut reprise par la flotte du Maréchal d’Estrades.

DU FIEF NOBLE A UN CRU RENOMME

Passée la Fronde, sous le règne de Louis XIV, la décadence s’empara de la ville de Castillon, son port s’envasa. Au début du 18ème siècle, la vicomté passa aux mains de la famille de Verthamon, nobles de robe bordelais plus épris de revenus que d’exploits guerriers. Les terres de Castillon, et même l’emprise de la défunte ville, furent alors mises en cultures, autant à grains qu’à vignes. Après la Révolution, de la puissante forteresse médiévale, il ne subsistera plus que la tour carrée pleine, celle d’où l’on lançait de massifs boulets de pierre pour contrer des assauts venus de la Rivière.

A la fin du 18ème siècle, les vins du cru du président Verthamon d’Ambloy cotaient 210 à 200 livres au tonneau, niveau le plus élevé des vins du Bas-Médoc. En 1838, dans le classement du journal le Producteur, les vins de Castillon, Saint-Christoly et Couquèques fermaient la marche des crus de Médoc avec 550 francs au tonneau

 Après les ravages causés par la crise des maladies durant la deuxième partie du 19ème siècle et la Grande guerre, le cru de « La Tour de Castillon » fut classé cru bourgeois en 1932. Après les gelées de 1956 qui affectèrent fortement les terroirs situés en bordure de la Rivière, une renaissance du Cru se fit progressivement sous l’impulsion de la famille Peyruse.

 

L'EMPREINTE DES PEYRUSE

En 1914, Théobal Peyruse, acheta la propriété de Castillon, située à Saint Christoly de Médoc, en bordure de l’estuaire de la Gironde à environ 70 kilomètres au nord de Bordeaux.

Le vignoble s’étend sur 41 hectares de vignes classés en appellation Médoc dont 17 hectares sont assis sur la partie finale de la croupe graveleuse du Médoc dont la base baigne dans l’estuaire. 

Aujourd’hui, le petit-fils et l’arrière-petit-fils de Théobal Peyruse, Pierre et Sébastien Peyruse, supervisent l’ensemble des opérations nécessaires à la conduite du vignoble et à l’élaboration du vin.

Lors de la succession de son père, Pierre Peyruse entreprit un remembrement du domaine dans les années quatre vingt dix, complantation, rénovation du cuvier, renouvellement annuel de barriques.

Puis en 1999, l’arrivée de Sébastien, le fils de Pierre sur l’exploitation a permis d’augmenter la superficie des vignes, de moderniser la stratégie commerciale, de construire un nouveau chai de stockage et de nombreux investissements techniques.

Printemps 2015, la Famille Peyruse agrandit le domaine en achetant la propriété du Château Lalande Cérestin à St Christoly.

Ainsi le vignoble s'étant aujourd'hui à 41 hectares de vignes sur la commune de St Christoly.